COMME UN AIMANT

Rodolphe « SAKO » GAGETTA

  • Une passion lézardée. l’érosion des années. Mes parents désarmés
  • S’ séparent. La maison désormais résonne de leurs paroles désolées
  • Une part d’ombre est scellée. Pour ne pas rompre, esseulée, chaque
  • Jour, ma mère s’ bat. Elle a l’ monde à soulever et sur ses joues,
  • Tant de peine m’ nâvre. Goût amer. Je pars quand la foudre en elle
  • Parle. Pardon de sauver. J’ai mal de voir c’ qui m’attend. grand
  • Besoin de souffler. Pas le cran de la retrouver la tête dans les
  • Mains, en quête d’éléments, de raisons d’ garder les rangs. Je
  • Suis de ceux qui traînent tard, à squatter les bancs tels le fer
  • Et l’aimant. ma vie s’fait d’ces moments où on est mieux loin
  • D’chez soi. Moments d’éternité. L’éternité est un moment mais
  • On l’oublie l’un d’ces soirs où, en mal d’trophée, on refait l’monde
  • Loin des bras d’morphée, le cœur empreint d’c’t’âme
  • Qu’ont les chœurs en plein stade mais peu importe le décor s’ancre
  • On s’installe entre stages et intérims. En soi, rien d’terrible, on stagne la où
  • Des p’tites filles d’ja p’tites femme charment des hommes encore
  • Mômes fans de Jackie Chan pendant qu’des femmes encore p’tites
  • Filles élèvent des mômes d’ja durs comme des hommes. J’espère en
  • L’espoir perdu, sur les cendres d’nos sorts, qu’leurs voix innocentes
  • Ne s’joignent à l’ensemble des perdants qu’nous sommes. D’autres
  • S’voyant sans songe s’en vont, s’noyant dans leur sang. L’eau passe
  • Sous les ponts. Il m’semble qu’hier encore, ma mère m’embrassait sur l’front

 

REFRAIN :

  • J’ai pas choisi d’réduire mon monde à c’banc comme Escobar
  • A Medellin, c’parce qu’être mine, c’parce qu’erre l’spleen. C’est
  • L’récit simple d’mes nuits blanches dans la cohue déjà, communément,
  • Connu des gens du genre comme une légende, des gens
  • Collés aux bancs du genre comme un aimant.
  • Assis, une lettre à la main, où les miens s’laissent être, ce coin
  • D’terre maigre ou les chiens aiment faire. J’profite de l’instant la ou
  • Les chemins viennent s’perdre. serein d’vant cette lettre dont j’sais
  • Rien, c’est peut-être tout et n’importe quoi mais n’rien savoir laisse
  • Une touche d’espoir rare à notre endroit. Entr’autres, en bas , j’en ai
  • Marre d’perdre. Cette lettre, une part d’rêve dans ce pâle réel. Un
  • Poumon quand, pour mort, mon esprit manque d’air, qu’trop de marques
  • D’peine s’lisent sur ma face. La peur qu’y ait rien me harcèle, las
  • D’errer en ville jusqu’au matin. De nouveau, vivre m’enivre. l’entrain
  • Rince mon cœur vide d’envie puis s’étalant sur mes lèvres, leurs coins se
  • Surélèvent. Le déçu se relève droit dans l’arène comme un roi devant sa
  • Reine et les fauves morts. Putain, j’sens resurgir d’affreux remords d’leur
  • Formol. Innocence, j’ rêve. Cette lettre, ma charge de revanche quand tous
  • S’acharnent sur les gens comme le hasard sur mes chances pour qu’notre
  • Passage prenne un sens. J’ai pas la hargne de naissance. J’rêve d’puiser
  • Dans ma jeunesse à grandes mains, qu’j’puisse prendre les bons chemins
  • Et n’m’brise pas, trimant comme tous triment, pour des miettes en guise
  • De part mais l’rêve est mon vice. La vie s’marre quand ses fils marnent,
  • Lisant la lettre, j’réalise. Sa justice vaut autant que celle des hommes,
  • Aux dépends d’ceux d’ma zone. On s’débat tous dans c’monde mais on est tous seuls, en somme, j’te jure. J’resterai qu’un arracheur d’sacs aux yeux
  • D’ceux dont la vie n’est autre qu’la vie des autres. J’ pas asse baisser
  • La tête. Peu d’idéaux mais les idées hautes. Radieux, l’ciel rend c’t’enfer
  • Confortable, en fin d’comptes, quand on regarde, combien montent ? combien tombent ? inutile de l’dire aux gosses.

REFRAIN :

  • J’ai pas choisi d’réduire mon monde à c’banc comme Escobar
  • A Medellin, c’parce qu’être mine, c’parce qu’erre l’spleen. C’est
  • L’récit simple d’mes nuits blanches dans la cohue déjà, communément,
  • Connu des gens du genre comme une légende, des gens
  • Collés aux bancs du genre comme un aimant.

Auteur : Rodolphe Gagetta
Compositeurs : Philippe Fragione, Bruno Coulais
Arrangeur : Raphaël Soussan
Editeur : LA COSCA