1998. Un téléphone sonne à la Cosca. Akhenaton décroche. Au bout du fil, un inconnu, ou presque : Sako du groupe Chiens de Paille. L’histoire débute ainsi…

«J’AI ÉCOUTÉ LES INSTRUS LA POUR ‘TAXI’, ET MOI LES TRUCS GAIS, FRANCHEMENT, ÇA L’FAIT PAS. MON CŒUR, MES TEXTES COMME LES TEMPS SONT DURS, MAIS QU’EST-CE QUE TU VEUX QUE J’TE DISE, TU SAIS, LES TENSIONS DURENT. RÉMINISCENCE SOMBRE AUX COULEURS D’AMÉTHYSTE. MAIS QU’EST-CE TU VEUX J’TE DISE, TU SAIS, MON ÂME EST TRISTE…»

 

La suite, tout le monde la connaît. C’est l’explosion « Taxi », 600 000 disques vendus, des passages radios qui n’en finissent plus, une exposition incroyable et un succès qui propulse Chiens de Paille et Sako parmi la relève du rap français. Mais Sako garde la tête sur les épaules. Il continue dans la voie qu’il s’est lui-même tracée : celle du rap de lyriciste, écartant, de fait, toute stratégie commerciale. Il poursuit sa quête du morceau parfait : la meilleure prod, le meilleur thème, les plus belles rimes… Une musique sans concession qu’il n’arrive pas à envisager autrement.

Cette aventure débouche sur un premier album, « Mille et un fantômes », un disque reconnu par la critique qui expose le talent de Sako à la France entière. Épaulé par AKH et membre à part entière de l’aventure de La Cosca, le rappeur cannois écume les scènes, devient le backeur du MC d’IAM lors de ses tournées solos, s’implique, travaille, progresse, jusqu’à devenir incontournable dans le paysage du rap français. On le retrouve sur les albums solos d’Akhenaton, sur les projets collectifs de La Cosca, sur des BO de films (« Les rivières pourpres », « Comme un aimant », « Conte de la frustration »…), des habillages télé, des musiques de pub. Cette diversification ne l’empêche pas de multiplier aussi les collaborations prestigieuses, notamment avec des artistes américains comme RZA, Smif’n’Wessun, Shabbazz the Disciple… Si Sako n’est pas en studio (d’où sortira un deuxième album de Chiens de Paille, « Sincèrement »), il est sur scène lors des tournées européennes « Stratégie Tour » avec IAM et « La Cosca Tour ».

Conscient de la qualité de sa plume, Akhenaton lui propose d’ajouter une nouvelle corde à son arc : devenir parolier. Là encore, son écriture fine et intelligente séduit les plus grands et son activité se développe (Amel Bent, Christophe Maé, la comédie musicale Dracula, Florent Pagny…). Dans la foulée il lance alors sa propre société, JussGooD Music qui édite les chansons qu’il écrit et lui permet de sortir le deuxième volume du street-album, « Tribute » en collaboration avec Cut Killer (le premier était sorti en collaboration avec Kilomaître Productions et DJ Kheops).

Durant cette riche période, Sako fait une autre rencontre d’importance avec le duo de compositeur Nius et SoFly qui cartonnent aujourd’hui aux États-Unis et travaillent, entre autres, pour Justin Bieber, Flo Rida ou Shakira… Entre eux, le courant passe. Sako devient ainsi le seul artiste français avec un album en partie composé par Nius et SoFly qui le rejoignent dans le beau projet de produire un disque hip-hop acoustique, inspiré par The Roots, Hocus Pocus ou Oxmo Puccino. Cela fait maintenant quatre ans qu’il travaille dessus en bon artisan du hip-hop. Aujourd’hui, le disque est finalisé. Il va marquer le retour de Sako au plus haut niveau du rap game…